Comme Chien
Dédicace à Mathieu Riboulet - Recréation 2021
Reprise du spectacle "Jetés dehors" au centre national de la danse à Pantin le 24 mars 2011 dans le cadre de "Concordan(s)e". Sylvain Prunenec Chorégraphe (T-Shirt rouge) Mathieu Riboulet (Pull gris).
Conception Sylvain Prunenec en collaboration avec Angèle Prunenec et Ryan Kernoa

Danse, textes Sylvain Prunenec
Voix Angèle Prunenec
Musique Ryan Kernoa
Régie générale et son Lucien Prunenec

Production association du 48
Coproduction Concordan(s)e
Aide à la résidence Far west (résidence d’écriture à Penmarch)


Dans le cadre d'une commande du festival concordan(s)e #15 - 2021

Durée 35 minutes

Dédicace au duo Jetés dehors écrit avec Mathieu Riboulet, écrivain

Comme chien

Dans son texte, Entre les deux il n’y a rien (édition Verdier, 2015), Mathieu Riboulet témoigne de la décennie de rage des années soixante-dix, à Paris, Rome ou Berlin, entre répressions violentes des mouvements de contestation (ouvrière, étudiante) et, un peu plus tard, le passage pour certains groupes à la lutte armée. C’est dans ces années là que Mathieu, adolescent puis jeune adulte, s’éveille au désir et à la conscience politique. Le sexe et l’engagement politique, même combat, entre les deux il n’y a rien.
Dans Comme chien, nous tentons, aujourd’hui, de laisser résonner à nouveau dans nos corps, dans nos souffles et nos voix, le chahut, la violence, l’engagement, le désir et la révolte. Nous tentons de trouver ce que peuvent « dire » nos corps de ces états : les élans, les fracas, les désarrois, les plénitudes…

Rencontre avec Mathieu Riboulet

En 2010, nous nous rencontrons, Mathieu Riboulet et moi, dans le cadre du festival Concordan(s)e et nous créons ensemble Jetés dehors. Ce duo est présenté plus d’une vingtaine de fois entre l’année de sa création et 2016.
Sur scène, dans des galeries, dans des salles polyvalentes ou des studios, notre duo se déploie autour de thèmes qui nous rassemblent : la chute, la mort, l’enfance, le souffle. Corps culbutés et échoués au sol, ou debout bien plantés, ou encore lui à califourchon sur mes épaules, nous partageons nos voix, nos gestes, nos mots, nos rythmes.
En 2015, paraît Entre les deux il n’y a rien (Editions Verdier), témoignage d’une décennie de rage, celle des années soixante-dix, à Paris, Rome ou Berlin, entre répressions violentes des mouvements de contestation (ouvrière, étudiante) et, un peu plus tard, le passage pour certains groupes à la lutte armée. C’est dans ces années-là que Mathieu Riboulet, adolescent puis jeune adulte, s’éveille au désir et à la conscience politique. Le sexe et l’engagement politique, même combat, entre les deux il n’y a rien.
Le 5 février 2018, Mathieu Riboulet rend son dernier souffle.
En 2020, Jean-François Munnier me propose d’imaginer une forme scénique pour l’édition 2021 de Concordan(s)e qui me permettrait de tisser un nouveau lien avec Mathieu : avec son écriture ou avec les souvenirs du travail réalisé ensemble.
Je repense à Entre les deux il n’y a rien. Je relis. Je suis à nouveau (et sans aucun doute davantage qu’à la première lecture) bousculé par son ton mordant, direct, et ému par la façon qu’il a de livrer au lecteur cette double expérience (qui n’en est qu’une) du désir charnel et du combat politique. Il raconte des corps engagés, pleinement. Portés par le désir de jouir et de faire jouir, et la volonté de combattre la domination d’une pensée mercantiliste et mortifère.
Je vois les quelques années qui viennent de passer et leur lot de plus en plus lourd de violences policières. Une violence d’état qui s’installe, s’organise, s’adapte sans scrupule ni pudeur.
Ces mêmes quelques années où les questions de « sexe et pouvoir » – abus de pouvoir, ordre sexuel oppressif – font vaciller des institutions et questionnent fondamentalement les rapports entre les hommes et les femmes, les rapports hiérarchiques, les rapports entre classes sociales, entre classes d’âges.
J‘écris trois textes et je demande à Ryan Kernoa de les mettre en musique. Je demande à ma fille Angèle de nous accompagner dans cette dédicace à Mathieu Riboulet.

Sylvain Prunenec

Calendrier

2 avril 2021 à la Maison de la poésie, Paris (annulé)
15 avril 2021 au théâtre de l’Etoile du Nord, Paris