Le fil
UN SOLO DE SYLVAIN PRUNENEC
Chorégraphie, récits, interprétation Sylvain Prunenec
Durée 40 minutes
Production Association du 48

L’interprète est un funambule ou un alpiniste.
Il suit avec rigueur la ligne de crête, le fil tendu, la ligne droite et blanche de l’écriture.
En même temps, de chaque côté du sillon tracé, l’infini des possibilités, des occurrences, l’expose à un fragile déséquilibre, une sorte de tremblement jubilatoire et saisissant.
Sur le fil, sur le sentier, il y a le pas mesuré.
De chaque côté, la chute ou l’envol.

En 2011, Sylvain Prunenec obtient une bourse d’Aide à la recherche et au patrimoine en danse délivrée par le Centre National de la Danse. Dans cette recherche, il tente d’analyser certains mécanismes de la conscience qui sont en jeu dans les processus d’interprétation en danse, leur possible visibilité, et la capacité du danseur à les susciter ou simplement à les laisser se manifester. La mémoire et l’oubli, l’intentionnalité ou la déprise, le sentiment d’être un ou multiple, deviennent des outils pour le danseur, riches de potentialités sans cesse renouvelées.

Progressivement, grâce à des invitations à des colloques (Les Carnets Bagouet 2013, Association des Chercheurs en Danse 2014), ou à des formes spectaculaires (Le sujet des sujets – Festival d’Avignon 2017), cette recherche a pris la forme d’une performance présentée, à l’invitation de Fanny de Chaillé, au CND de Lyon (novembre 2018) et au CND de Pantin (octobre 2019).

En faisant le récit, en mots et en mouvements, d’événements survenus au cours de répétitions ou de représentations de pièces signées Odile Duboc, Dominique Bagouet, Trisha Brown ou Deborah Hay, le danseur se raconte à travers les regards multiples posés sur lui par les chorégraphes, à travers les mondes qu’ils et elles lui proposent.

Dans ces expériences, il se découvre, se surprend lui-même et se redéfinit sans cesse. Ce faisant, il explore sa propre nature. Celle d’un corps-conscience qui résiste à la fixité (et donc à la mort), entraîné par un besoin vital d’éprouver sa place en tant qu’être vivant et en tant qu’être social, une place à la fois fragile et puissante, instable et obstinée.

 

  • 4 octobre 2019 à 17h au CN D Lyon
  • 10 novembre 2018 à 17h au CN D Lyon