Le Poids des Choses & Pierre et le Loup
CREATION 2018-2019 / pour 5 danseurs
Le Poids des Choses

Chorégraphie Dominique Brun

Assistée de Sylvain Prunenec

Création sonore David Christoffel

Interprètes danseurs Djino Alolo Sabin, Clarisse Chanel,

Clément Lecigne, Marie Orts, Sylvain Prunenec

Toile Odile Blanchard

Durée 13 minutes


Pause ou entracte



Pierre et le Loup


Chorégraphie Dominique Brun

Assistée de Sylvain Prunenec

Musique Sergueï Prokofiev

Texte original Sergueï Prokofiev

Version française Renaud de Jouvenel

Préparation des récitants, mise en dialogue David Christoffel

Interprètes danseurs Djino Alolo Sabin, Clarisse Chanel,

Clément Lecigne, Marie Orts, Sylvain Prunenec

Scénographie Odile Blanchard, Construction Ateliers Devineau

Scénographie Odile Blanchard Réalisation Atelier Devineau Peinture décor Didier Martin, Odile Blanchard Serrurerie Fabrice Gros et Fabrice Bicheron

Avec l’aimable autorisation des Editions le Chant du Monde

Durée 31 minutes

 

Régie générale Christophe Poux

Création lumières Yves Bernard

Régie lumière Matteo Bambi et Raphael de Rosa

Costumes Florence Bruchon

Avec la participation de Marc Meyapin et Tess Vlassov (voix off)


à partir de 6 ans

 

Création 17, 18 et 19 janvier 2019 - Les 2Scènes - Scène nationale de Besançon
avec l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté

Diffusion avec bande enregistrée
1 et 2 février 2019 CDCN La Place de la Danse / Toulouse Occitanie
28 février et 1er mars 2019 La Maison du théâtre en partenariat avec Le Quartz, dans le cadre de Dansfabrik
7 et 8 mars 2019 Théâtre de Lorient
12 au 15 mars 2019 Les Quinconces - L’Espal, Scène conventionnée Le Mans
19 au 22 mars 2019 Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale
27 et 28 mars 2019 CDCN L'Echangeur à Chateau Thierry, dans le cadre du festival Kidanse
18 et 19 avril 2019 La Ferme du Buisson, Scène nationale de Noisiel
9 et 10 mai 2019 Théâtre des Bergeries, Noisy-le-Sec
15 au 17 mai 2019 Le Bateau Feu, Scène nationale de Dunkerque

Diffusion avec orchestre
Avec l’Orchestre Symphonique de Mâcon
13 et 14 février 2019 Le Théâtre, Scène nationale de Mâcon
Avec l’orchestre Les Siècles
9 et 10 mars 2019 Théâtre de Lorient
25 mars 2019 Cité de la musique – Philharmonie de Paris
4 et 5 avril 2019 La Coursive, Scène nationale de la Rochelle

Coproduction
Association du 48
Les 2Scènes - Scène nationale de Besançon
Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale
Le Dôme Théâtre d’Albertville
CDCN La Place de la Danse / Toulouse-Occitanie
L’échangeur – CDCN Hauts-de-France
Le Théâtre, Scène nationale de Mâcon

Avec le soutien d’Arcadi Île-de-France

Et  le soutien du Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec, la Briqueterie / CDCN du Val-de-Marne,
le studio le Regard du Cygne AMD-XXe et l’Ircam-Centre Pompidou

CREATION 2018-2019

Le Poids des Choses

« Si une personne est capable de se souvenir d’un air et de le chanter dans sa tête, il lui sera aussi possible de se rappeler de la qualité dynamique, rythmique et spatiale, d’un mouvement… »

Rudolf Laban

Le Poids des choses est une pièce abstraite qui se fonde sur le système de l’Effort de Rudolf Laban (F.C. Lawrence et R. Laban, Effort, Londres, Macdonald & Evans, 1947). Cette pièce s’interroge sur ce qu’est le mouvement. Elle invite les publics (enfants, adultes) à regarder la danse de plus près, elle propose des outils pour saisir ce qu’on voit. Les danseurs nous présentent l’espace et le temps dans lesquels le mouvement se manifeste et la force que notre corps déploie pour contrer celle de la gravité. Ils font « comme si » on pouvait voir le temps, l’espace et la force de façon isolée alors qu’on ne les voit jamais séparément.

Par exemple, nous sommes obligés de lutter contre la force gravitationnelle pour tenir debout, lorsqu’on s’y abandonne, de façon souvent involontaire comme quand on s’évanouit, on tombe par terre. Il en va de même avec l’espace, on peut bouger de façon soit directe, soit indirecte, dans un temps soit soudain, soit continu, avec une force soit forte soit faible. En combinant ces six éléments moteurs entre eux, on obtient huit « actions dynamiques » – frapper, flotter, fouetter, glisser, presser, tordre, épousseter, tapoter – qui constituent ce que Laban nomme la « palette » de nos efforts.

Mais si cette pièce est une sorte d’hommage à Laban, elle est aussi une variation sur cette forme de mouvement qu’est la « chute »: celle de la pomme – chère à Newton – mais aussi celle des corps, avec notamment le comique de la chute vive et glissée du fameux humour « peau-de-banane » relevé par Bergson. Le Poids des choses s’intéresse aussi, d’une certaine façon, à la toute dernière chute de la vie des êtres vivants. Avec la légèreté de l’humour et la gravité de certaines des réflexions dites par deux enfants, cette pièce voudrait finalement nous ramener à la complexité du mouvement de la vie.

Dominique Brun

 

© Odile Blanchard

Pierre et le Loup

Contexte historique

En 1935, Sergueï Prokofiev, qui avait quitté la Russie après la révolution d’Octobre, retourne à Moscou. La metteuse en scène, Nathalia Saz, lui commande alors une pièce pour le théâtre pour enfants qu’elle dirige. Elle racontera plus tard qu’ils ont écrit Pierre et le Loup dans une chambre d’hôtel en une semaine. Dans ce conte musical, les personnages sont représentés par les instruments de l’orchestre. Prokofiev a su utiliser le caractère spécifique de chaque instrument pour décrire le tempérament et les particularités de ses personnages. Cette version chorégraphique voudrait doter ce conte d’autres vertus pédagogiques. Là où Prokofiev visait à l’écoute de l’orchestre, il s’agira de donner des clés de lecture du mouvement grâce au système de l’Effort conçu par le théoricien de la danse, Rudolf Laban. Ce système qualitatif d’analyse du mouvement fut élaboré au moment où Prokofiev écrivait Pierre et le Loup, dans les années 40.

La partition musicale est précédée d’une préface dans laquelle Prokofiev explique ses intentions :

« Chacun des personnages de ce conte est représenté par un instrument de l’orchestre : l’oiseau par la flûte, le canard par le hautbois, le chat par la clarinette staccato dans un registre grave, le grand-père par le basson, le loup par des accords de trois cors d’harmonie, Pierre par le quatuor à cordes, les coups des chasseurs par les timbales et la grosse caisse.

Avant l’exécution, il est préférable de présenter ces divers instruments aux enfants et de leur jouer des leitmotivs. De cette façon, ils apprendront sans effort à identifier les différents instruments de l’orchestre. »

© Marc Domage

 

Argument du conte musical de Sergueï Prokofiev

Pierre vit avec son grand-père à l’orée d’une forêt profonde.
Le jeune garçon a pour ami un chat, un canard et un oiseau, mais
il a interdiction de quitter la maison. Le loup rôde. Pourtant Pierre n’a pas peur. Bien au contraire, il rêve de l’attraper avec la complicité de sa petite ménagerie !


© Marc Domage

Note d’intention chorégraphique

Dominique Brun offre une version chorégraphique du conte qui souhaite le doter d’autres vertus pédagogiques. Là où Prokofiev visait à l’écoute de l’orchestre, il s’agit de donner des clés de lecture du mouvement grâce au système de l’Effort conçu par le théoricien de la danse, Rudolf Laban. Ce système qualitatif d’analyse du mouvement fut élaboré au moment où Prokofiev écrivait Pierre et le Loup, dans les années 40.

Grâce à ce procédé, là où le compositeur permet une écoute particulière de l’orchestre en représentant chaque personnage par un instrument, la chorégraphe donne à son tour des clés de lecture du mouvement, en dotant chaque interprète d’un motif dansé singulier. Les actions dynamiques ainsi élaborées permettent à la fois aux danseurs d’ancrer les corps dans la puissance expressive du conte et de délier la danse de la narration pour l’amener vers plus d’abstraction et de poésie.

“ Le conte musical de Sergueï Prokofiev permet de découvrir l’orchestre, de comprendre que l’on entend dans la masse sonore globale, une multitude d’instruments distincts. Ce conte permet de différencier chacun des instruments par le son qu’il produit, de reconnaître ce que les musiciens nomment le timbre. Le timbre concerne un seul et unique instrument, tout comme la voix ne renvoie qu’à une seule et unique personne. C’est la flûte qui va permettre à Prokofiev d’identifier l’oiseau : le timbre de l’une rappelle le chant de l’autre. Parce que l’instrument est « à vent », on l’associe à l’air et l’air nous ramène encore à l’oiseau qui se sert des courants pour voler. Pour la flûte comme pour l’oiseau, cela se passe « en haut » : dans l’aigu pour l’instrument, dans le ciel pour l’oiseau. Un jeu d’analogies et de ressemblances se tisse ainsi entre instruments et personnages, le hautbois imite le canard, la clarinette évoque chat, Pierre c’est le quatuor à cordes ; le grand-père, le basson ; les chasseurs, les coups de timbales et le loup, les trois cors…

Si, par cette approche, Prokofiev a permis l’écoute de l’orchestre, je voudrais ajouter une dimension chorégraphique à ce conte et doter chaque personnage d’une action dynamique particulière, empruntée aux huit verbes d’action proposés par Laban dans son système de l’Effort. Ainsi le motif de Pierre se doit de tapoter, celui du loup de tordre ; l’oiseau, lui, flotte, le canard époussète, le chat glisse, le grand-père presse et les trois chasseurs frappent et fouettent. Au fur et à mesure de l’histoire, les personnages en viennent à utiliser d’autres actions dynamiques que celle de leur motif dansé. Pierre peut être amené à bouger comme l’oiseau ou même encore comme le loup, le chat imite le grand-père. Ces actions qui sont autant de qualités de mouvement – frapper, flotter, fouetter, glisser, presser, tordre, épousseter, tapoter – se manifestent tout au long du récit en se mélangeant toujours davantage pour répondre à la finesse du mouvement dansé, pour en accentuer les nuances et les contrastes. Elles permettent aux danseurs d’ancrer la danse dans la puissance expressive du conte musical Pierre et le Loup de Prokofiev mais aussi de la délier de la narration pour lui permettre d’illustrer la musique en amenant le mouvement vers l’abstraction et la poésie.”

Dominique Brun

Motifs sonores et visuels des personnages

Prokofiev commence ainsi son histoire : « Écoutez bien, voici l’histoire de Pierre et le loup. Une histoire pas comme les autres. Une histoire qui vous sera contée en musique, et par les instruments de l’orchestre. Comment ? C’est très simple : chaque personnage de l’histoire sera représenté par un instrument différent, qui jouera une petite phrase musicale, facile à retenir.  […] »

Vous trouverez, ci-dessous, la présentation de chaque personnage avec l’instrument qui lui correspond. J’ajoute à cela l’action dynamique qui devient son motif dansé.

  • Pierre, joyeux et souriant, sera représenté par les instruments à cordes de l’orchestre. Il aura comme principal élément moteur la légèreté, celle de l’enfance. Il se déplacera presque sans force, de façon directe et utilisera deux actions dynamiques complémentaires Tapoter (force faible) qui deviendra Frapper lorsque Pierre saura trouver la force (forte) de combattre le Loup !
  • L’oiseau, ami de Pierre, sera représenté par la flûte, légère et gazouillante. Il utilisera l’action dynamique de Flotter, il n’aura besoin que d’une très faible force – puisque c’est l’air qui le porte – pour voler. Il virevoltera dans l’espace de façon circulaire et dans un temps continu.
  • Le chat aux pattes de velours, sera représenté par la douce clarinette. Il utilisera l’action dynamique de Glisser, il sera léger, et progressera de façon continue. Tout comme Pierre, il évoluera dans l’espace de façon directe.
  • Le malheureux canard, sera représenté par le hautbois mélancolique. Il utilisera l’action dynamique d’Epousseter, il sera léger et soudain – parce que pataud et maladroit – et se déplacera comme l’oiseau, de façon circulaire (indirecte).
  • Le grand-père qui bougonne dans sa barbe, sera représenté par le basson grondeur. Il aura pour principal élément moteur la gravité, celle des adultes. Il utilisera deux actions dynamiques, Fouetter et Presser. Il sera imprévisible et se déplacera tantôt de façon circulaire et soudaine comme un homme ivre, tantôt sombrera sous lui, de façon directe et continue.
  • Les drôles de chasseurs qui tirent des coups de fusil, seront représentés par les timbales et la grosse caisse. Ils utiliseront tout comme le grand-père deux actions dynamiques, Fouetter et Frapper, ils seront puissants et/ou lourds et se déplaceront de façon circulaire comme des hommes ivres ou en droite ligne de façon directe comme les soldats d’une minuscule armée de façon soudaine et saccadée.
  • Le grand loup gris qui sort du bois, sera représenté par les trois cors, sévères et sombres. Il utilisera l’action dynamique de Tordre, il évoluera avec une force démesurée et son mouvement sera continu et circulaire. Mais sa présence sera surtout évoquée par le son.