Sacre # 2 – version pianola
VERSION PIANOLA
2015 / pour 30 danseurs contemporains / 35'
© crédit photo : ???
Recréation de la danse de Vaslav Nijinski de 1913, pour 31 danseurs contemporains

Chorégraphie Dominique Brun
assistée de Sophie Jacotot

Musique Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky sur instruments d’époque par l’Orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth

L’Élue Julie Salgues

Les femmes (distribution en alternance)
Caroline Baudouin, Marine Beelen, Anne Bogard, Garance Bréhaudat, Lou Cantor, Clarisse Chanel, Judith Gars, Sophie Gérard, Sophie Jacotot, Anne Laurent, Anne Lenglet, Virginie Mirbeau, Marie Orts, Laurie Peschier-Pimont, Maud Pizon, Mathilde Rance, Énora Rivière, Marcela Santander, Lina Schlageter


Les hommes (distribution en alternance)
Roméo Agid, Matthieu Bajolet, Fernando Cabral, Sylvain Cassou, Miguel Garcia Llorens, Maxime Guillon-Roi-Sans-Sac, Clément Lecigne, Corentin Le Flohic, Diego Lloret, Johann Nöhles, Edouard Pelleray, Sylvain Prunenec, Jonathan Schatz, Pierre Tedeschi, Vincent Weber

Régie générale Christophe Poux
Création Lumières Sylvie Garot
Régie lumières Matteo Bambi
Régie son Éric Aureau
Costumes Laurence Chalou
assistée de Léa Rutkowski
Peintures costumes Camille Joste
Atelier costumes Jeremie Hazael-Massieux, Sonia de Sousa
Réalisation Costumes Atelier José Gomez
Coiffures Guilaine Tortereau
Peinture Toiles Odile Blanchard, Giovanni Coppola, Jean-Paul Letellier.
Remerciements à l’Atelier Devineau

Durée : 35 minutes

Sacre # 2 a été créé le 13 mars 2014 au Manège de Reims, en coréalisation avec l’Opéra de Reims

Coproduction
Association du 48; Ligne de Sorcière; Le Manège, scène nationale de Reims; Théâtre des Bergeries, Noisy-le-Sec; Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France); MC2, scène nationale de Grenoble; l’Apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val-d'Oise; Ballet du Nord, Olivier Dubois - Centre chorégraphique national de Roubaix Nord-Pas-de-Calais; Le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire; Le Grand R, scène nationale de La Roche-sur-Yon. Avec le soutien des Treize Arches, scène conventionnée de Brive; du Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort; du Centre chorégraphique national de Caen Basse-Normandie (accueil studio); du Centre chorégraphique national de Grenoble (accueil studio); de l’Opéra national de Bordeaux; de la DRAC Île-de-France / Ministère de la culture et de la communication au titre de l’aide au projet de création et de l’aide à la résidence chorégraphique. Avec le soutien de l’Adami et l’aide à la diffusion d’Arcadi. Remerciements : Tanguy Accart, Isabelle Ellul, Françoise Lebeau, Frédérique Payn et Nicolas Vergneau.

CRÉATION 2015
Deux versions d’une même danse qui bouleversent notre expérience de spectateur

Depuis novembre 2015, l’Association 48 propose un programme inédit qui donne à voir au spectateur deux « versions » de Sacre # 2, dans une même soirée. Cette recréation de la danse de Nijinski se propose habituellement de façon unique, sans modifications ni variantes. Or, pendant cette soirée, deux Sacre # 2 se montre à nous où l’on voit comme deux états d’une même danse. Au cours de chacune de ces deux versions, la danse se manifeste comme une constante, elle reste identique. Par contre, la musique et le décorum (l’ensemble des costumes et toiles de fond) diffèrent, varient. Comme spectateur, on assiste donc à deux expériences successives de la même chorégraphie que modifient malgré nous, les environnements sonores et visuels. Le résultat en est que notre perception de la danse s’en trouve presque malmenée, voire bouleversée : on a l’impression que ce n’est pas la même danse..

En première partie, on découvre la recréation de la danse de Nijinski dans le dispositif spectaculaire de 1913, c’est-à-dire avec ce qu’on appelle le décorum : les costumes (perruques et maquillages) et les toiles du décor. On entend l’interprétation orchestrale de la musique du Sacre de Stravinsky, jouée sur instruments d’époque, par l’orchestre Les Siècles, sous la direction François-Xavier Roth.
Dans la seconde partie, la même danse se montre à nous d’une façon plus dépouillée qui nous conduit vers davantage d’abstraction. La danse a renoncé au décorum pour exposer davantage les corps. Elle nous ramène aux mouvements qu’on voit surgir dans le studio de danse au cours des répétitions. Le spectateur prend la mesure du geste nijinskien, sans les artifices, ni la « sauce » habituelle requise pour chacune des pièces des Ballets russes, à savoir : le livret – qui nous raconte l’histoire –, le décor, les costumes et la musique généralement servie par une imposante orchestration. Ici, la version musicale du Sacre du printemps est presque « pauvre » parce que réduite à un seul instrument, le pianola, dans une transposition que nous devons à Igor Stravinsky  lui-même (dans les années 1930) et l’interprétation de Rex Lawson.
Le recours à ces deux univers sonores souligne le rôle déterminant de la musique dans notre perception d’une œuvre, tant du point de vue du spectateur (que nous avons développé ci-dessus) que de celui du danseur. Bien que d’une durée équivalente, ces interprétations musicales proposent deux déroulements temporels absolument distincts d’un même œuvre. Les danseurs parce qu’ils passent de l’orchestre au pianola doivent s’adapter à la diversité des tempi proposés par chacune des versions. Changer de version musicale, c’est comme de changer de partenaire, ils s’agit pour eux de faire preuve de plasticité et de trouver des qualités dynamiques toujours renouvelées qui épousent les interprétations musicales proposées.

La vidéo du diptyque